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8 mars, non ce n’est pas la fête

Plus que la « journée de la femme » à laquelle la réduisent maladroitement certains médias ou marques, le 8 mars est la journée internationale des droits des femmes. On pourrait penser que l’égalité est atteinte et qu’il n’y a plus de luttes. Pourtant, il y a toujours du sexisme et du machisme dans les contextes personnels et professionnels, du sexisme banalisé parce qu’il y a encore des gens pour trouver ça drôle ou que « oh t’abuses ».

Toujours du harcèlement dans la rue, toujours un malaise à occuper certains espaces publics. Toujours des féminicides, toujours des femmes mal reçues au commissariat pour porter plainte pour viol et toujours des gens pour s’étonner que certaines ne le fassent pas. Toujours des gens pour penser qu’il suffit de dire non, même quand le harceleur est un supérieur hiérarchique et qu’on a peur de perdre son taff ou que sa réputation en pâtisse. Toujours un rapport de force. Toujours des hommes qui coupent la parole aux femmes à l’assemblée générale et dans d’autres réunions. Toujours des femmes travailleuses et pertinentes que l’on écarte de certains dossiers parce qu’il y a « des choses qui se gèrent entre hommes. » Toujours des filles qui découvrent le sexe avec un premier rapport forcé. Toujours des femmes qui n’ont pas envie de coucher mais qui le font quand même parce qu’on leur a appris que c’était comme ça. Toujours des femmes pour qui un rapport sexuel se termine dans la frustration avec l’éjaculation de l’homme. Toujours des femmes qui ne jouissent pas, qu’on traite de frigides alors qu’on ne prend juste pas la peine d’explorer leur plaisir. Toujours des gens pour demander quand tu vas faire un enfant. Toujours des gens pour s’étonner qu’une femme n’en veule pas. 

Et à travers le monde… Des petites filles excisées, des femmes lapidées, humiliées, invisibilisées. C’est vrai « qu’on a de la chance d’être en France. » C’est vrai « que ça a bien évolué ». Mais il faut bien se rappeler que si les femmes votent aujourd’hui, c’est parce que des féministes se sont battues pour ça. Et qu’à l’échelle de l’Histoire c’est assez récent. Qui aujourd’hui viendrait affirmer que leurs combats étaient vains et superficiels ? Il y a toujours des combats, et il ne sont pas moins superficiels. 

Ça ne veut pas dire qu’on déteste les hommes. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de combats pour eux : il y en a. Partout où il y a discrimination, il y a lutte. Et de la discrimination, il y en a ! Elle vise le genre, l’origine ethnique, la religion, le physique, la sexualité… Ça ne veut pas dire que ces combats ne sont pas importants.

Ça veut juste dire que certaines femmes veulent que les choses changent par rapport à leur condition, leur place, leurs rapports dans notre société. Elles ne sont pas des sorcières hystériques et castratrices. Ce sont des personnes qui se battent contre la discrimination des femmes – et elle existe, je peux vous conseiller des podcasts très fournis qui l’illustrent et concernent tous milieux sociaux et origines ethniques. Ce gros mot, le « féminisme » regroupe plusieurs combats, des idéologies différentes et parfois en désaccord (les opinions divergent sur des sujets tels que : maternité, prostitution, pornographie…) Certaines sont extrêmes ou violentes, d’autres pas. 

La lutte pour les droits des femmes avancera, selon moi, par une évolution de mentalité dont les hommes ne peuvent pas être exclus. Redéfinissons les lignes ensemble plutôt que dans l’affrontement. La violence est parfois utile pour se faire entendre ou faire prendre conscience. Mais choquer transforme-t-il en profondeur ? C’est à force d’un travail de longue haleine, que les choses évoluent. Un travail d’éducation, une évolution des idées, des rôles, des normes… dans lequel nous jouons un rôle, et dans lequel de plus en plus de femmes (et d’hommes ! car oui il y en a ! ) s’investissent. 

 

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