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J’ai quitté instagram

Cette semaine, j’ai sauté le pas. J’ai déjà abordé dans de précédents articles le sujet des réseaux sociaux et dédié un article à Instagram…. sans être capable de quitter la plateforme. Récemment, j’ai ressenti le besoin de me distancer de ce réseau de plus en plus standardisé et, à mon sens, vérolé par la course aux likes et aux partenariats. Un réseau décrié par certains lanceurs d’alerte, que j’ai choisi de quitter pour le moment. Retour sur ma démarche et premières impressions :

Quel est le sens de cette présence ?

Qu’ai-je à dire ou à montrer qui n’ait déjà été publié ? Pourquoi partager les mêmes publications que les autres alors que nous sommes tous différents ? Pourquoi montrer ce que je mange et que je n’ai pas la fierté d’avoir préparé ? Pourquoi publier des selfies alors que je me définis plus par mon esprit que mon physique ? Pourquoi être sur les réseaux sociaux ? Qu’ai-je à partager qui soit vrai, qui soit moi et qui n’appartienne qu’à moi ? Est-ce que je m’accorde le droit de le faire ? Ai-je même envie de le partager ?

J’ai besoin d’air, les gars. Loin de ces publications aliénantes qui me donnent l’impression d’être moins douée, moins belle, moins mince, moins bien sapée, dans un appartement moins bien décoré, dans une moins belle bagnole, vivant des trucs moins cools. Aussi stupide que ce soit. Oubliant combien j’ai de choses dans ma vie qui valent la peine, qui me rendent fière et reconnaissante. Me poussant à vouloir être parfaite alors que par nature, je ne le serai jamais.

Du Prozac interactif à la recherche de l’authenticité

Peut-on aller bien quand on passe 20% de son temps devant un écran, que l’on scroll à l’infini et que l’on espère l’approbation des autres ? Que l’on se réveille et qu’on s’endort avec son smartphone ? Oui j’ai la FOMO, j’ai peur d’être exclue, peur de rater des occasions, des infos. Oui, les shots de dopamine que sont les likes ont nourri mon ego. Petit Prozac interactif. L’addiction sans drogue a été mon palliatif pendant ma dépression. S’agit-il de trouver de meilleurs aliments ou d’arrêter de nourrir cet ego qui biaise tout ?

J’ai envie de regarder les gens dans la rue. D’être vraiment là, dans le présent. Regarder les autres dans les yeux. Exprimer mes émotions sans emojis. Profiter des choses sans les capturer. Être capable d’être seule. Retrouver un art de vivre plus authentique et libre. Comme dirait Keny Arkana (les ieuv sauront) : j’me barre, ciao ciao le foyer j’me barre, j’m’en vais respirer autre part.

Retour à chaud

En publiant mon post, j’ai ressenti une sensation agréable de liberté. Comme si je me libérais d’un besoin d’exister en publiant, de me jauger par l’engagement des autres sur mes publications, de me censurer pour m’inscrire dans des codes qui ne sont pas les miens. De me falsifier pour coller aux critères qui font qu’un post « marche ». Etonnamment, j’ai ressenti un soulagement en « avouant » les effets pervers de ce réseau sur mes vulnérabilités ou encore l’épisode de dépression que j’ai traversé. À être authentique.

J’ai reçu quelques messages de personnes « tristes » de me voir quitter le réseau. Mais la majorité des réactions appuyaient, encourageaient, saluaient ma démarche. Cela me conforte dans ma décision. Ces réactions à un post vraiment sincère me touchent plus bien que des centaines de likes sur les photos d’une époque où j’étais dépressive et anorexique. Ces réactions s’adressent à la part de moi qui est vraie, qui est moi. Et c’est cette part que je veux faire vivre et développer désormais.

Je n’envisage pas de revenir sur Instagram. Du moins, tant que je n’aurais pas travaillé sur certaines vulnérabilités et sur les défis de ma personnalité : m’affranchir du regard des autres, définir ma valeur par moi-même. Je suis une personne, aux contours floutés par un personnage. À présent, je veux me retrouver.

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